Mon travail de sculpteur s’articule autour d’une tension permanente : celle qui unit la solidité de la matière et la fragilité de l’existence. Je m’inspire du monde animal, miroir sensible de nos propres forces et de nos vulnérabilités. Chaque sculpture est un fragment d’histoire, un témoignage silencieux de la beauté menacée et de la mémoire enfouie
J’aime travailler des matériaux contrastés : initialement la résine teintée de noir, puis avec sa transparence cristalline, elle évoque la pureté mais aussi la possibilité de rupture ; plus tard, les fragments, puis le métal oxydé révèle le passage du temps, la corrosion transformant la surface en cicatrice vivante ; ces effets de surface, eux, incarnent la permanence et l’ancrage. Ces matières, par leur dialogue, traduisent mes questionnements sur la trace, la fragilité et la survivance.
J’utilise plusieurs types de résines biosourcées et de la fibre de verre pour donner corps à mes œuvres monumentales. La taille directe et le modelage sont deux techniques que je maitrise et qui me permettent de façonner à grande ou petite échelle. Chaque œuvre est unique et lorsque je me laisse aller à réaliser une série je deviens alors mouleur afin de reproduire personnellement mes œuvres, et ce jusque dans les finitions peintures. J’accorde beaucoup d’importance au fait de maitriser toute la chaine de réalisation, cette pluridisciplinarité est pour moi un gage de transparence vis-à-vis de mon public.
Mes sculptures cherchent moins à représenter qu’à suggérer. Elles invitent le spectateur à s’approcher, à observer les détails, les fissures, les éclats, à entrer dans une intimité avec la matière. J’imagine mes pièces comme des gardiens silencieux, parfois oubliés : des formes qui interrogent notre rapport à la nature, à la mémoire et à la fragilité du monde qui nous entoure.